ÜZEYIR LOKMAN CAYCI

DANSES MARTIALES
On vit une époque bizarre mon
frère
Ces gens-là gagnent de l’argent en occupant
Avec des danses martiales…
Ne vois-tu pas les bombardements
Et les pillages ?
Tu crèves à essayer de gagner quelques sous…
De nos jours
La sueur de ton front ne sert pas à grand-chose !
Des tanks venus de pays lointains
Passent dans tes rues
Et ils te demandent la raison de ta naissance !
Et tu ne peux rien dire…
Bientôt ce sera le tour des cours de droit
D’être supprimés dans les écoles
Si cela continue ainsi.
On parlait des droits de
l’homme par ci par là
Toi, ne crois pas à ces rumeurs !
Tu vois que rien n’est à sa place en ce moment !
On vit une époque bizarre mon
frère
Les marchands d’armes
Les secteurs de la construction
Gouvernent les pays
Est-ce si difficile à comprendre ?
Ils vendront leurs produits par la guerre !
Viens écouter mes quelques
conseils !
Ne te marie pas pour n’avoir point à supporter
Le chagrin du massacre de tes enfants
La bonne marche de leurs affaires a besoin
De produire des ennemis fictifs à menacer…
Par cette voie, ils s’approprient les petits pays
Les uns après les autres sous prétexte de les ‘sauver’.
Pendant que vous vous battrez entre vous
Ceux-là consommeront vos ressources souterraines.
Que devrais-je vous dire
Au moment où le passé s’installe
Douloureusement dans vos cœurs ?
Soyez compréhensifs un tout petit peu !
Augmentez la dose des guerres fratricides
Divisez encore plus vos peuples
Pour faciliter la vie à ces gens-là !
N’oubliez pas que l’intérêt tue l’amour
Ils ne demandent qu’une seule chose :
Vivre dans une société sans amour
Et sans instruction aucune…
Vivre dans la clarté ou l’obscurité
Ne dépend que de vous !
Le soleil se lève et se couche à temps…
On égorge les coqs chantant avant l’heure !
On vit une époque bizarre mon
frère
Ces gens-là gagnent de l’argent en occupant
Avec des danses martiales…
Ne vois-tu pas les bombardements
Et les pillages ?
Üzeyir Lokman ÇAYCI
Paris – le 17 mars 2003
Traduit par Yakup YURT

Vous vivez dans la ville en
vous que vous avez achetée par un marchandage silencieux.
Vous n’avez pas encore pu apurer vos dettes.
Sous vos paupières noircissant vous essayez de ressentir certaines choses.
Sans vous rendre compte de votre éloignement de vous-même, vous partez loin en
utilisant vos cordes de pensée tel un télésiège.
Vos avez le frisson au fur et à mesure que vous touchez d’innombrables éléments.
Dans vos cris au moment où vous ressentez des secousses dues aux échos de vos
paroles qui dépassent la portée de votre pensée, vous faites fuir les oiseaux
devant vous. Lors de vos respirations, vos roses se fanent. Lors de vos moments
de folie, vos cristaux tombent de vos toitures.
Au fur et à mesure que votre champ de pensée se rétrécit, votre ville grandit.
Vous vous fatiguez à force de courir dans les rues et les avenues.
Au fur et à mesure que les lumières de vos machines de tension tombent sur vos
nuits, vos êtres humains se robotisent.
Vos crapauds de vos eaux sales font peur même aux crocodiles.
Votre voyage intérieur vous fait vieillir.
Vos cris internes s’amplifient.
Vous produisez des difficultés à quarante pattes.
Les cellules auxiliaires de vos laboratoires ne vous donnent pas l’occasion de
vivre des moments agréables.
Pendant que l’indicateur de la peur en vous vous lâche de haut en bas, vous
n’avez même pas la possibilité de parler. A chaque mouvement d’horloge, les
saisons s’arrachent de votre cœur…
Votre solitude n’arrête pas de traverser votre esprit.
Üzeyir Lokman ÇAYCI
Mantes la Ville - 22.09.2002
Traduit par Yakup YURT
Bruxelles, le 23.09.2002
DIE STADT IN EUCH
Ihr lebt in einer Stadt, die
in euch selber ist und die ihr
von einem
stillen Händler gekauft habt.
Ihr habt eure Schulden noch nicht beglichen.
Unter euren düsteren Augenlidern versucht ihr etwas zu empfinden.
Ohne euch bewusst zu werden, wie weit ihr euch schon von
euch selbst
entfernt habt, geht ihr weiter, in dem ihr eure
Gedankenseile wie einen
Sessellift benutzt.
Ihr habt ein Frösteln, je nach dem welche unzähligen
Elemente ihr berührt.
Mit euren Schreien, die ihr im Moment einer empfundenen
Erschütterung
ausstösst, wenn das Echo eurer Worte die Gedankenpforte
verlässt,
verscheucht ihr alle Vögel um euch herum. Denn so verderben
eure Rosen
angesichts eurer Überlegungen. Und wegen euren verrückten
Momenten, fallen
eure Kristalle von euren Überdachungen.
Je nach dem wie euer Gedankenfeld enger wird, wächst eure
innere
Stadt. Ihr werdet müde, weil ihr durch die inneren Strassen
und Gassen
rennt.
Je nach dem wie das Licht eurer Anspannungsmaschine auf
eure Nächte fällt,
wird euer menschliches Sein zum Roboter.
Die Kröten eurer schmutzigen Gewässer machen selbst den
Krokodilen Angst.
Eure innere Reise lässt euch altern.
Eure inneren Schreie steigern sich.
Ihr produziert Schwierigkeiten auf allen Vieren.
Die Helferzellen eurer Laboratorien geben euch keine
Gelegenheit mehr, angenehme
Momente zu erleben.
Während der Zeiger eurer inneren Angst von unten bis oben
versagt,
habt ihr gar keine Möglichkeit mehr euch zu äussern. Mit
jeder Bewegung der
Uhr, reissen sich die Jahreszeiten von eurem Herz.
Eure Einsamkeit hört nicht auf, euren Geist zu durchqueren.
Üzeyir Lokman ÇAYCI
Mantes la Ville - 22.09.2002
Von übersetzt seiend : Monika SCHUDEL
Chi è Üzeyir Lokman ÇAYCI?
traduzione Valeria Allais - dicembre 2002
Üzeyir Lokman ÇAYCI è nato in Turchia, a Bor, sottoprefettura rinomata per la produzione agricola. Ha terminato gli studi primari e secondari in questa piccola città, subito dopo ha vinto il concorso nazionale per l'ammissione all'università e alla Scuola Superiore delle Arti Industriali Applicate dell'Accademia di Stato delle Belle Arti, dalla quale è uscito nel 1975 con il diploma di Architetto d'Interni e Ideatore Industriale. I suoi lavori pieni di originalità non hanno tardato ad attirare l'attenzione dei conoscitori; poco dopo è stato ammesso alle esposizioni e le sue opere sono state pubblicate da riviste specializzate. Conclusi gli studi ha cominciato a lavorare al Dipartimento di R&D Fonderie, parte del noto gruppo industriale turco Koç Holding, dove si è distinto nel design; la sua concezione dei pulsanti per i forni si è tradotta in produzione industriale. Durante il servizio militare, svolto con il grado di sottotenente, ha contribuito con la collaborazione di amici alla salvaguardia di opere d'arte antiche (statue, rilievi, ecc…) esposte in seguito al Museo Marino di Besiktas. I poemi e le novelle, scritti sin dall'età di 14 anni, sono stati pubblicati da diverse riviste e giornali nazionali ed anatolici; la stampa, le riviste e le antologie hanno riservato una buona accoglienza alle sue creazioni. L'interesse dimostrato a suo riguardo da Ümit Yasar OGUZCAN, poeta turco di grande fama, gli ha permesso di accedere a programmi importanti. All'Esir Kulüp di Beyoglu a Istanbul, circolo di grandi poeti del paese, ha per anni recitato i suoi poemi nell'atmosfera musicale delle serate di poesia. Ha creato un archivio delle lettere inviategli da migliaia di amanti della poesia. Sono in corso le traduzioni in francese, inglese e tedesco dei suoi poemi. Üzeyir Lokman ÇAYCI ha pubblicato la raccolta di poesie "La sosta delle sere" nel 1975 e una biografia in lingua turca nel 1989; nei prossimi mesi il poema "Non sei colpevole, amico", il romanzo "Hanno strappato mio figlio dalle mie mani" e le ricerche "Il mondo turco all'estero" e "La Turchia in Europa" saranno portati all'apprezzamento dei bibliofili. I poemi tradotti in francese da Yakup YURT, valente traduttore, interprete, appassionato delle arti, scrittore residente a Bruxelles, hanno suscitato vivo interesse nella stampa francese e in organismi competenti. Attualmente, con il sostegno di Yakup YURT, noto per modestia e competenza, Üzeyir Lokman ÇAYCI prosegue i suoi lavori in Francia. E' sposato con Neziha dal 1995. Dopo vari tirocini (stage), lavora dal 1991 per l'AFPA (Associazione per la Formazione Professionale degli Adulti).
a cura di Valeria Allais